Zagora : Pourquoi pas un label  » Tourisme de Dattes  » ?

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Carnets de voyage Souss-Massa Draâ : « Zagora, Eldorado de la datte »

par Dr Tina RICHTER – Nasrallah BELKHAYATE/ LIVRE DE PRESTIGE SOUSS MASSA

 datti

La production des dattes au Maroc a atteint un niveau record estimé à 128 000 tonnes au titre de l’année 2016, enregistrant une hausse de 16% par rapport à 2015, selon le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime. Cette production record a été atteinte cette année sur une superficie de palmeraies de 50 000 hectares, contre une moyenne annuelle de 90 000 tonnes jusqu’en 2009. Cette filière a bénéficié d’une attention particulière dans le cadre du Plan Maroc Vert, à travers la mise en place d’un contrat-programme de mise à niveau signé entre le gouvernement et les organisations interprofessionnelles (FIMADATTES et FENAPROD) et qui mobilise près de 7,7 milliards de dirhams entre 2010 et 2020.

 Zagora

Zagora est un havre de paix et de beauté avec des richesses naturelles inestimables. S’il fallait résumer la Province de Zagora en deux mots, on dirait paysages inoubliables et potentialités du terroir. C’est un endroit stratégique, au climat rude et doux qui accueille les visiteurs grâce au palmier dattier. Avec la plus grande palmeraie d’Afrique, Zagora envoûte avec la force de la nature, ses couchers du soleil, ses jeux de lumière et ses produits du terroir qui évoquent les souvenirs d’enfance. Zagora s’étend sur une superficie de 23 000 km2 avec une population qui vit à 80 % à la campagne. C’est une enclave hors du temps et du surmenage et du speed dont qui l’histoire se lit sur les gravures rupestres à Foum Chena et la nécropole de Foum Tidri.

La province de Zagora compte quelques 280 000 habitants avec 85 % de personnes qui vivent à la campagne contre seulement 15 % en milieu urbain. L’économie est structurée autour de l’agriculture, le tourisme, l’artisanat et les mines. Il y a 552 kilomètres de routes revêtues sur une superficie totale de 23 000 km2 et 111 000 hectares de forêts. 2 200 000 hectares sont pour l’agriculture, mais seulement 37 000 hectares sont utilisés. L’irrigation se fait par le barrage Eddahbi et à côté de la datte, on produit 3000 tonnes de henné chaque année.

L’artisanat de Zagora se concentre autour du cuivre, du fer, de la terre et des palmes. Seulement, comme la production ne sert qu’à subvenir aux besoins locaux, l’exportation reste limitée. Et pourtant, les richesses de la région sont grandes, car la poterie de Tamegroute est la seule au Maroc à produire l’émail vert.

Même si Zagora attire les touristes, l’offre touristique se concentre sur la Vallée du Draâ et le tourisme traditionnel. La vallée ne constitue que 200 km, ce qui fait que le reste du territoire reste inexploité. S’il y a 1 700 lits d’accueil répartis sur 28 hôtels, 21 campings et maisons d’hôte, les touristes ne restent en moyenne d’une nuit et demie à Zagora.

D’un point de vue géographique, la province de Zagora est située au sud-est du Maroc, elle est limitée au sud par la frontière avec l’Algérie et au nord par la Province de Ouarzazate. Elle est composée de deux cercles, appelés Pachaliks, de 8 Caidats et de 25 communes. Malgré son climat aride, caractéristique du sud saharien, Zagora conserve une pureté de l’air et une fraîcheur du soir qui provient en partie des quelques 1,9 millions de dattiers palmiers qui parsèment la région. La palmeraie de la Vallée du Draâ est la plus vaste d’Afrique. La diversité topographique de Zagora est faite de plaines, de montagnes, de bassins et de plateaux désertiques au milieu desquels des oasis invitent au repos sous les feuilles des palmiers dattiers.

Palmier dattier, datte et phoeniculture

Arbre mythique et emblème du Maroc, le palmier dattier est un cadeau du ciel et de la terre qui hisse les dattes de Zagora au statut d’une vedette régionale. Avec des feuilles larges de plusieurs mètres, le palmier est un symbole de fertilité et de prospérité qui procure de nombreuses vertus au corps humain. La datte est originaire des bassins de l’Euphrate et l’aliment phare des gens du Moyen-Orient depuis des milliers d’années. Le nom de la datte vient du grec ancien dactylmos qui signifie doigt et se réfère à sa forme. Le dattier n’est pas un arbre au sens strict, car il ne produit pas de bois. Il est très important pour l’équilibre des oasis, car dans son ombre poussent d’autres plantes et céréales. Le dattier mesure entre 15 et 30 mètres et porte une couronne de palmes de 4 à 7 mètres.

La datte est une baie avec une graine, le noyau. Elle est le fruit comestible du palmier dattier, phoenix dactylifera. La datte mesure entre 3 et 6 centimètres, contient 70 % d’eau quand elle est fraîche et 30 % d’eau quand elle est sèche. Il existe plusieurs variétés de dattes, allant de Ammari, Angou, Bejjou et Bisr à la datte Deglet, Mad’joul et Hissa. Les produits à base de dattes sont divers, mais les potentialités sont loin d’être exploitées : à ce jour, il n’y a que du sirop, de la crème, de l’alcool et de la pâte de dattes. Cependant, la datte offre tant de bienfaits pour la santé humaine, qu’il est temps de diversifier l’offre et la commercialisation.

Riche en sucres, la datte contient beaucoup les vitamines B2 à B6, nécessaires au bon fonctionnement de la mémoire et du travail musculaire. Avec une forte teneur en potassium, calcium, fer, chrome et en fibres, la datte a un effet positif sur tous les organes et stimule le transit. La datte est un médicament naturel qui soulage de nombreuses douleurs. Elle est parfaitement assimilée par l’organisme.

La production de la datte est la phoeniculture. Dans le monde entier, on produit chaque année environ 5 tonnes de dattes avec comme plus grand producteur l’Egypte qui a 18 % des parts du marché. Viennent ensuite l’Arabie saoudite avec 15 %, l’Iran avec 14 %, l’Algérie avec 9 %, l’Irak et le Pakistan avec 7 %, puis en dernière position se trouvent avec 2 % seulement la Tunisie, la Chine, la Lybie et – le Maroc. Pour bien cultiver le dattier, il faut beaucoup d’eau et de soleil. Il résiste bien au froid et à la chaleur et son endroit idéal est le désert. La reproduction du dattier se fait par clonage ou culture in vitro, ce n’est donc pas un arbre qui se propage seul, même si les fleurs mâles et femelles sont portées par des individus différents.

Médicament naturel, la datte fait aussi partie de la tradition Prophétique, car il y a dans le Coran et la Sunna de nombreux hadiths qui parlent des bienfaits de la datte. Le prophète – prières et bénédictions soient sur lui – et les salafs en mangeaient régulièrement pour rompre le jeune et dans la journée. Le Prophète – prières et bénédictions soient sur lui – avait comme d’habitude de distribuer sept dattes à ses compagnons. Lui-même mangeait sept dattes tous les matins pour se protéger contre les forces du mal et la sorcellerie. Selon lui, une maison où il n’y a pas de dattes est une maison dont les gens ont faim. Pour se donner des forces pendant son accouchement, Maryam aussi a mangé des dattes.

Richesses économiques inexploitées de la culture de la datte

Pour la région Souss-Massa, le dattier pourrait être un puissant levier économique et culturel qui permet de créer des emplois et améliorer l’image du Maroc dans le monde entier. Avec la palmeraie de Zagora qui est la plus grande d’Afrique et d’autres palmeraies à Taznakht et Skoura, la culture du dattier représente aujourd’hui seulement 20 % du chiffre agricole annuel de la région, soit 40 % au niveau national. Dans la région du Draâ, il y 1,9 millions de palmiers qui produisent 26 000 de tonnes de dattes chaque année.

Cependant, depuis plusieurs années, la culture du dattier est en baisse. La production de la datte au Maroc ne représente – rappelons-le – que 2 % du marché mondial. L’exportation et la commercialisation des produits restent limités et comme le souligne le Docteur Hassan Sedra de l’Université de Marrakech, la culture de la datte au Maroc rencontre de grandes difficultés : « le développement et la modernisation de la filière dattier se  heurte aux contraintes liés à la sécheresse, la rareté de l’eau, la progression de la maladie du Bayoud, la faible technicité, la prédominance de pratiques traditionnelles pour la récolte et la mauvaise gestion de la valorisation des produits. » a cela s’ajoutent l’exode rural, les conditions d’exploitation difficiles et l’absence de stratégies de marketing pour revaloriser le produit.

C’est pour cela, et après une analyse approfondie du marché et des études du terrain, il est temps d’agir. Pour exploiter les potentialités de la datte, il s’agit de créer le label du « Tourisme de la datte ».

Label « Tourisme de la datte »

Pourquoi est-ce qu’on ne trouve pas de dattes du Maroc dans les commerces d’Agadir ? Pourquoi c’est la datte Deglet Noor de la Tunisie qui détient le monopole de vente et pourquoi est-ce qu’il n’y a pas de glaces, de crêpes et de gâteaux aux dattes dans les commerces ? Enfin, pourquoi utiliser du sucre industriel pour couvrir un produit qui est un médicament naturel ? Avec la création du label « tourisme de la datte » cela pourrait changer, car il s’agit d’un concept innovateur qui correspond parfaitement aux attentes nationales en matière d’éco-tourisme et de la mise en œuvre du Plan Maroc Vert, ainsi que du contrat-programme datte-palmier 2010 – 2020. Il permet de tenir compte des richesses de la datte et de le promouvoir en tant que produit du terroir.

Le tourisme de la datte s’insère aussi dans la revalorisation des régions du Maroc prévue dans le cadre de la création des Pays d’accueil touristique, PAT. Il revalorisera la région Souss-Massa Draâ de façon certaine en ciblant les provinces d’Agadir et de Zagora.

Avec une baisse du nombre des touristes allemands et français venus dans la région depuis septembre 2014, il est devenu urgent d’attirer de nouveau le marché allemand et français vers le Maroc et d’améliorer l’image de la région Souss-Massa Draâ. Il importe d’offrir un programme d’animation et de culture qui propose des activités inédites et des loisirs éco-touristiques.

Il faut rendre la région Souss-Massa Draâ plus attractive, plus dynamique et compétitive sur le marché international. Il faut de surcroît veiller à la préservation de l’équilibre naturel et la préservation du patrimoine culturel marocain. A cela s’ajoute le renforcement des liens entre l’Allemagne, la France et le Maroc, car sans une coopération internationale, le Maroc sera exclu de la progression économique mondiale. Il est temps de former une génération d’entrepreneurs marocains de qualité qui relient professionnalisme, savoir-faire et accueil chaleureux à la maîtrise des langues étrangères.

C’est pour atteindre ces objectifs que le projet de la « Route des dattes » repose sur un principe pragmatique, novateur et inédit. Il correspond parfaitement aux attentes en matière d’éco-tourisme, de préservation de l’environnement et d’accueil touristique de qualité. Il permet de faire du PLAN MAROC VERT une réalité du terrain, et non une simple promesse.

Ainsi, le projet touristique et écologique de « la route des dattes » repose sur les piliers suivants :

  • Proposer un concept inédit, novateur et international qui touche le marché français, allemand et anglais
  • Promouvoir les produits du terroir marocain et améliorer l’image de la région SMD
  • Attirer les touristes via un séjour touristique vert
  • Relier le tourisme, l’écologie et l’éducation
  • Sécuriser les touristes en leur offrant des circuits prédéfinis

Il s’agit de vendre des « circuits touristiques clé en main » aux agences de voyage, aux hôtels et aux guide-opérateurs qui font de la préservation et de la promotion de la DATTE la clé su succès. « Protégez la datte ! » sera le slogan d’un concept qui propose des vacances au Maroc que les touristes n’oublieront jamais. Dans aucun pays du monde n’existe à ce jour une offre touristique qui propose l’achat d’un circuit touristique qui relie la culture et le plaisir. Pour combler cela, « La route des dattes » propose :

  • L’achat d’un circuit touristique clé en main via internet ou les catalogues de vacances
  • La découverte culturelle de la région Souss-Massa Draâ en ciblant les provinces Agadir et Zagora
  • Un programme touristique clair et précis

Dans la réalité du terrain, « la route des dattes » s’articule ainsi :

  • Arrivée à AGADIR (aéroport Al Massira) : le touriste est accueilli et passe deux jours à Agadir : ici, il découvre les richesses de la culture de la datte avec le « guide touristique SMD de la route des dattes », se détend et se prépare pour la prochaine étape
  • Il part en mini-bus, accompagné de guides touristiques, en route vers TAROUDANT. Ici, il découvre les produits du terroir, fait des cours de cuisine avec des recettes de la datte et se cultive tout en se relaxant
  • Après 2 nuits, il part pour passer deux jours dans la VALLEE DU DRAA. Ici, il découvre les richesses naturelles, les coutumes locales liées à la culture de la datte et se réjouit d’avance pour la cerise sur le gâteau : Zagora.
  • Après 2 nuits, le touriste arrive à ZAGORA : ici, il découvre la zone protégée de la datte, la culture de la datte et déguste les recettes à base de dattes. Il découvre ses vertus nutritionnels et gustatifs avec des cours de cuisine et des dégustations sur place. Ainsi enrichi de belles impressions, il repart pour Agadir.
  • Durant les deux derniers jours à Agadir, le touriste savoure ses connaissances acquises, se sent revalorisé et fera autour de lui la promotion de la culture de la datte, de la région Souss- Massa Draâ et du Maroc.

C’est ainsi qu’on aboutit à un SEJOUR DE 10 JOURS en moyenne, ce qui correspond à la moyenne préférée des touristes allemands et français : 2 jours Agadir – 2 jours Taroudant – 2 jours Vallée du Draâ – 2 jours Zagora – 2 jours Agadir.

Il est bien évidemment possible de rejoindre le circuit, de faire des cours de cuisine et de découvrir la culture de la datte dans le cadre de la « route de la datte » en autonomie. Une prolongation du séjour à Tarouzat Bay est également possible, ainsi que la parcours en autonomie.

Le LABEL « Tourisme de la datte » s’appuie sur les documents suivants :

  • Carnets de voyage tourisme dans le Souss avec des informations sur la culture de la datte, des précisions sur les étapes du circuit, les habitants et les produits du terroir, ainsi que des renseignements sur la langue arabe et les adresses utiles
  • Le livre de recettes des produits du terroir  » propose des recettes de cuisine à base de dattes et de produits du terroir de la région du Souss
  • La brochure « Route des dattes – protégez la datte » qui résume l’essentiel des vertus de la datte et de la protection de sa culture
  • La CERTIFICATION « Plan Maroc Vert – tourisme de la datte » qui atteste de l’ENGAGEMENT du touriste en faveur de la protection de la nature qu’il pourra utiliser dans le cadre de sa vie professionnelle
  • Festival de la datte pour célébrer les produits du terroir et sensibiliser la population
  • Boutiques de la datte pour la commercialisation des dattes, des produits dérivés et des renseignements sur la protection de la datte

La formation du personnel marocain en langues étrangères sera assurée par la distribution à grand échelle d’un MANUEL d’apprentissage des langues spécialement conçu pour le TOURISME DE LA DATTE.

En résumé, le projet « Tourisme de la datte » propose donc un éco-tourisme qui améliore l’image de la région Souss-Massa Draâ, attire des touristes du monde entier et fait du Maroc une destination touristique de qualité, de plaisir et de culture. PAT, Plan Vert Maroc et plan dattier-palmier seront mis en application concrète et la région Souss-Massa Draâ deviendra de nouveau l’ELDORADO du tourisme et de la protection de l’environnement. Le projet répond à une demande de plus en plus grande en tourisme naturel actif et c’est ainsi que la région Souss-Massa Draâ créera des emplois et l’infrastructure nécessaires pour rester compétitif à l’échelle internationale.

Avec le circuit, les boutiques, le festival et la documentation, le label « Tourisme de la datte » répond parfaitement aux priorités fixées par l’Etat, à savoir :

  • Aménager et animer les régions
  • Décentraliser et revaloriser les produits du terroir
  • Renforcer la vie économique des régions
  • Promouvoir un tourisme écologique
  • Mobiliser les acteurs locaux

L’insertion du projet dans le cadre du contrat-programme dattier 2010 – 2020 fait qu’il prévoit de

  • réhabiliter les zones oasiennes
  • créer de nouvelles exploitations de palmier dattier à l’extérieur des zones oasiennes
  • produire plus de 160 tonnes de dattes au lieu de 90 000 tonnes actuellement
  • développer l’exportation des dattes et des produits dérivés, car le Maroc ne représente que 2 % des parts du marché international en matière d’exportation de dattes

Pour conclure, et aussi difficile que cela puisse paraître, reprenons les paroles du Prophète – prière et bénédictions soient sur lui – selon lesquelles l’arbre dattier est un arbre saint qui incarne la force et la protection de Dieu.

 

 

 

 

 

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