Médias face à la mutation des sociétés africaines

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La liberté d’expression et la liberté de l’information sont à la fois essentielles à la construction de sociétés démocratiques, et nécessairement réglées et organisées par la responsabilité individuelle de chaque publication et de chaque journaliste, qui doit être formé à cette fonction : ainsi que je le disais à Yaoundé, le journaliste doit n’être ni un griot servile, ni un détracteur stérile.

Du point de vue de la fonction d’ambassadeur qu’occupe de façon naturelle les médias locaux, les années qui viennent doivent permettre aux pays du Sud d’ouvrir l’audiovisuel classique, pour donner un nouvel élan à la production d’œuvres capables d’incarner l’héritage culturel, en particulier du Maghreb.

Nous connaissons tous des cinéastes, réalisateurs et auteurs de grand talent qui sont capables de donner à cette volonté clairement exprimée une traduction concrète. En faisant confiance à la liberté de ses journalistes, les sociétés en mutation prendront une part croissante aux nouveaux flux d’information qui structurent l’espace médiatique international.

Dans ce contexte, il est important que le passage de ces pays à la société de l’information puisse se faire très rapidement, par un soutien délibéré au développement de la téléphonie, de la création de sites Internet, et de l’utilisation des nouveaux réseaux numériques, qui donneront de nouveaux moyens de rayonnement et d’expression aux journalistes et à leurs créateurs, non seulement au sein de leur pays, mais aussi dans le reste du monde.

Enfin, nous, médias occidentaux, ne devons pas éluder notre responsabilité : ne pas se laisser prendre aux fausses valeurs des discours idéologiques dominants, et ouvrir largement notre esprit à la diversité humaine, pour que la vérité des faits et la multiplicité des paroles puissent trouver leur expression.

Hervé Bourges

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