Le Maroc presse son pas africain

89
Le roi Mohammed VI du Maroc accueilli à Abidjan le 24 février 2017 par le président Alassane Ouattara après le périple du souverain chérifien qui l’a mené au Ghana, en Zambie et en Guinée. © SIA KAMBOU / AFP
Après sa réintégration à l’Union africaine, le Maroc passe la surmultipliée et demande officiellement à adhérer à la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest.
PAR  | Le Point Afrique

Plus que jamais, le Maroc affirme et concrétise sa volonté d’être de la grande famille africaine, de toutes les familles africaines. En manifestant sa volonté de passer du statut de simple observateur de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à celui de membre à part entière, le royaume chérifien confirme sa cohérence dans sa démarche de forte intégration politique, économique, culturelle et sociale à l’Afrique dans son acception la plus vaste.

Une demande officielle sur instruction du souverain

Selon les mots du ministère des Affaires étrangères marocain, cette décision a été prise dans le respect des « instructions » données par le roi Mohammed VI. La présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf, actuellement présidente en exercice de la Communauté des États d’Afrique de l’Ouest, en a été informée. Et la diplomatie chérifienne de préciser que « cette demande est conforme aux dispositions du traité fondateur de la Cedeao » et aux « critères d’adhésion » de cette organisation d’intégration créée en 1975 et très active sur la scène diplomatique régionale et continentale.

Une décision qui fait sens avec les priorités du royaume

Au fond, il n’y a rien de surprenant dans cette demande d’adhésion du Maroc à la Cedeao. Si on se replonge dans les thématiques chères au souverain chérifien, elle ne peut que renforcer la coopération sud-sud que le roi Mohammed VI appelle de ses voeux et de ses initiatives à travers le continent africain. Et la vaste offensive diplomatique chérifienne de ces dernières années, de ces derniers mois, ne fait que corroborer cette dynamique. Rien que pour sa dernière tournée en date, le souverain a visité successivement ces huit derniers jours trois pays, le Ghana, la Zambie et la Guinée, et a signé de nombreux accords et conventions qui ont, entre autres, selon les mots du ministère marocain des Affaires étrangères, « donné une impulsion forte à la coopération bilatérale avec les 15 pays membres de la Cedeao ». À Rabat, on précise que cette demande marocaine d’intégrer la Cedeao « vient couronner les liens forts (…) avec les pays membres de l’organisation régionale, et qui se sont renforcés au cours des dernières années à travers les 23 visites du roi dans 11 pays de la région ». À son crédit, le Maroc rappelle son « implication » dans la région autant pour des opérations de maintien de la paix, par exemple en Côte d’Ivoire, que pour des efforts de médiation pour la résolution des conflits, comme au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée et en Guinée-Bissau. Sans compter le délai du chantier plus qu’emblématique : l’ambitieux projet, annoncé début décembre 2016, d’un gazoduc devant relier le Nigeria au royaume chérifien en suivant le tracé de la côte atlantique.

vous pourriez aussi aimer Plus d'articles de l'auteur

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.