Aziz Mekouar, membre du comité de pilotage de la COP22 : « Le travail de la présidence marocaine se poursuivra tout au long de l’année 2017 »

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Un mois après la 22e Conférence des Parties (COP22), près de 116 pays sur 196 ont ratifié l’Accord de Paris. Rencontré en marge d’un déjeuner de presse organisé ce jeudi à Casablanca, Aziz Mekouar, ambassadeur pour la négociation multilatérale au sein du Comité de pilotage de la COP22, revient pour Yabiladi sur le bilan de cette grand-messe environnementale et les actions qui seront menées par la présidence marocaine. Interview.

Quel bilan faites-vous après cette 22e Conférence des Parties (COP22) organisée à Marrakech ?

Il y a eu plusieurs choses. D’abord, la proclamation de Marrakech est un élément clé. Le texte a mis plusieurs jours à aboutir. Dans le cadre de l’Accord de Paris entré en vigueur le 4 novembre dernier, nous avons aussi travaillé sur les règles, les modalités et les procédures pour sa mise en application mais avec une pression, disons, plus forte. Au total, 35 décisions ont été prises, indiquées sur le site de la CNUCC (Convention-cadre des Nations unies pour les changements climatiques, ndlr), notamment sur le renforcement des capacités, la finance et le transfert de technologie. Ce que tout le monde a réussi à faire durant la COP22, c’est de maintenir et consolider cet accord, ce qui est extrêmement important.

Il y a également eu la première réunion de la Conférence des Parties agissant comme réunion des Parties à l’Accord de Paris (CMA)…

En effet. Il fallait que la CMA se réunisse, définisse et adopte son agenda, mais surtout qu’elle prenne une décision sur la manière dont on va travailler pour définir les règles, les modalités et les procédures pour la mise en application de l’Accord de Paris. C’est ce qui a été fait et c’est ce que nous avons commencé à faire à Marrakech. Nous sommes parvenus à un accord le dernier vendredi de la COP22.

Certaines parties reprochent à cette 22e COP de n’avoir ni donné la parole aux associations, ni tranché sur les 100 milliards de dollars accordés par les pays développés. Qu’en dites-vous ?

La société civile a été complètement associée depuis la nomination du comité de pilotage. Elle a été parfaitement impliquée ; nous avons beaucoup travaillé avec les associations. J’ai moi-même travaillé avec toutes les ONG internationales les plus importantes. On les a aussi sollicitées sur leurs positions concernant différents points. Leurs réponses nous ont permis de savoir comment négocier avec les Parties pour arriver à un point final. Je pense que tout le monde est très content des résultats de la COP22. J’ai reçu un tas de messages de félicitations de la part des négociateurs de tous les groupes.

Pour le financement, vous savez que c’est une initiative unilatérale des pays développés. Ils s’étaient engagés à mobiliser 100 milliards de dollars à partir de 2020 pour la finance climatique. Ils ont fait une présentation pendant la Pré-Cop lors de laquelle ils ont réaffirmé leur engagement pour leur apport financier. Ils ont fait savoir que la partie publique était de 67 milliards de dollars, représentant 54%. La partie accordée à l’adaptation a été multipliée par deux pour représenter 24%. Mais encore une fois, les 100 milliards n’ont pas été négociés.

Après cette COP22, quel sera le travail de la présidence marocaine ?

L’objectif est de poursuivre ce travail. Le travail de la présidence marocaine se poursuivra tout au long de l’année 2017, parallèlement à un certain nombre d’initiatives lancées par le Maroc. On va notamment travailler sur la finance, le renforcement des capacités. On va essayer de soumettre des idées plus claires sur la manière dont on va mobiliser la finance internationale pour le climat. Il y aura d’autres sessions de Bonn pour des négociations au mois de mai, mais aussi des réunions informelles des négociateurs pour faire avancer les idées sur un certain nombre de sujets. Entre temps, il y a un certain nombre de réunions organisées par la présidence marocaine avec la future présidence de la République des Fidji. On organisera également des événements au Maroc en 2017, notamment sur les NDCs (Nationaly Determined Contribution, ndrl). Le Maroc est aussi à la tête de la présidence de la CMA et aura pour mission de préparer « le dialogue de facilitation 2018 », en collaboration avec la République des Fidji.

Source : Yabiladi

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