Renforcement de l’attractivité touristique de la région, construction d’un nouveau port de classe mondiale à Safi, valorisation de l’industrie minière et des phosphates à Safi et El Youssoufia, réanimation de la province d’Al Houaz, développement du secteur agricole et positionnement dans l’économie du savoir. Marrakech-Safi se métamorphose à coups de projets ambitieux. La région, qui contribue à hauteur de 8,9% à la richesse nationale, selon les dernières statistiques du Haut-commissariat au plan (HCP), entend bien exploiter ses multiples atouts.

Hormis l’importance du secteur agricole, l’ancien découpage rendait la région Marrakech-Tensift-El Haouz tributaire de l’essor touristique de la marque «Marrakech». De même, la province d’El Haouz pâtissait d’un manque d’intérêt des investisseurs, la classant parmi les zones montagneuses les plus pauvres du pays. Aujourd’hui, la donne semble changer. Les provinces réputées «marginalisées» se taillent des parts importantes dans les budgets d’investissement de la région. Pour la seule année 2016, quelque 261 projets d’investissement ont été validés par le Centre régional d’investissement (CRI) de Marrakech-Safi. Si l’essentiel des investissements est capté par la préfecture de Marrakech, les 2e et 3e récipiendaires de ces projets sont les provinces d’Al Haouz et de Rehamna. D’ailleurs, 12 projets touristiques devront voir le jour prochainement à Al Haouz, dont un grand complexe résidentiel et touristique dans la commune de Tamesloht, nécessitant 170 millions de dirhams. Globalement, le montant des investissements validés par le CRI l’année dernière dans toute la région s’élève à 67 milliards de dirhams dont 51 relèvent du secteur des énergies et des mines, et ce, grâce au projet de développement industriel de l’OCP. Le secteur de l’habitat arrive en 2e position, suivi par le tourisme et l’industrie. Ces projets devraient changer la face de la région et améliorer son PIB qui s’élève à 86,95 milliards de DH en 2015, en hausse de 3,5% par rapport à 2014. La région compte 4,52 millions d’habitants pour une superficie totale de 39.167 km² (4,5% du territoire national). Elle constitue ainsi un bassin non négligeable de consommateurs. La région concentre d’ailleurs 40,2% des dépenses de consommation finale des ménages du pays avec plus de 62,32 milliards de DH en 2015. Soit 13.684 dirhams par tête, toujours selon le HCP.

En outre, elle «dispose d’un positionnement stratégique et bénéficie d’une proximité avec les plateformes d’exportation comme les ports de Safi, de Casablanca et d’Agadir. Marrakech-Safi constitue aussi la 2e plateforme aéroportuaire du pays, drainant 22% du trafic national. De même, la région est très bien connectée au reste du territoire national à travers l’axe autoroutier reliant Tanger et Agadir», déclare au Matin-Eco, Mohamed Adel Bouhaja, président de CGEM Marrakech-Safi. Autre atout : l’existence d’un pôle de savoir et de formation de dimension nationale et internationale comprenant des universités, des écoles d’ingénieurs et des écoles supérieures publiques et privées, ainsi que plus de 40 établissements de formation professionnelle. D’ailleurs, la région ambitionne de s’affirmer en tant que hub de l’économie du savoir à fort rayonnement national et international. Ce positionnement s’articule autour de 3 bassins de savoir et de production de compétences, à savoir Marrakech, Essaouira et Benguerir. Cinq filières d’excellence sont définies : la transition énergétique, l’agriculture durable, la créativité culturelle, la valorisation du patrimoine environnemental et l’industrie chimique et portuaire, rappelle Bouhaja. Un hub qui contribuera à favoriser un développement durable et inclusif pour la région.
Cette dernière profite aussi d’une reconnaissance mondiale de la destination Marrakech en tant que pôle touristique de premier choix. Le tourisme renforce, en effet, l’attractivité de la région en totalisant 20% de la capacité hôtelière nationale, soit près de 60.000 lits pour 6 millions de nuitées.

Quels sont, par ailleurs, les secteurs à fort potentiel d’investissement ? Pour le président de CGEM Marrakech-Safi, la région dispose de secteurs productifs et compétitifs orientés notamment à l’export. À commencer par l’agriculture et l’agroalimentaire, premiers employeurs de Marrakech-Safi. Le secteur agricole emploie 53% de la population active de la région et concentre 22% de la surface totale agricole du pays. L’agroalimentaire emploie, pour sa part, 41% de l’effectif global dans l’industrie. Quant à l’artisanat, la région jouit d’un potentiel important et contribue largement au développement du tourisme et du commerce extérieur. «Ce secteur est connu par son excellence et la diversité de ses produits et son dynamisme influe sur la croissance du tissu des TPE /TPME», souligne Bouhaja. Le rattachement de la province de Safi, grand pôle artisanal, à la région en 2015, ne fera que renforcer la position de cette dernière sur ce segment.

Autre secteur prometteur, les énergies renouvelables. Le président régional de la CGEM relève que la région s’inscrit dans un processus ambitieux de développement des énergies renouvelables à travers des projets dans l’éolien, le photovoltaïque et la valorisation énergétique des déchets. Le traitement des eaux usées intègre également cette stratégie de développement durable.

Ces secteurs à fort potentiel d’investissement seront davantage boostés grâce au Programme de développement régional (PDR) 2017-2022, porté par le Conseil de la région. En tout, 60 projets prioritaires ont été définis et concernent l’agriculture, l’agroalimentaire, l’industrie, le tourisme, la culture et l’animation, en plus de l’économie de proximité, l’éducation, l’entrepreneuriat, la formation et l’environnement sans oublier les secteurs transverses. Ces projets sont répartis sur les différentes provinces de la région et représentent 4.230 ha d’emprise foncière, nécessitant la bagatelle de 10 milliards de dirhams. À la clé, la création de 280.000 emplois et 50 milliards de dirhams de valeur ajoutée. 

Avec le Matin